Le striatum est la partie du cerveau qui motive nos choix en récompensant certaines actions de façon immédiate. Ces réactions sont ancrées depuis si longtemps, que l'homme les a encore et même pire, les exploite dans notre société pour des raisons principalement de rentabilité.
En bref, le cerveau nous récompense immédiatement et vivement dans certains cas:
La sexualité
Dans un monde où la survie est essentiel, se reproduire est la clef. Notre cerveau met donc cette activité en priorité sur beaucoup d'autres.
La nourriture
A l'origine des temps pour l'homme, la nourriture était plus rare et difficile à obtenir. Notre cerveau récompense donc le fait de manger, de manger à l'excès pour faire des réserves afin de pouvoir tenir jusqu'à la prochaine opportunité.
La Flemme
Dans le cadre de la survie où la nutrition et la fatigue sont des éléments importants, pouvoir s'économiser est une bonne technique pour tenir plus longtemps. Le cerveau va donc récompenser le fait d'en faire le moins possible pour en obtenir le plus.
Le pouvoir
Etre dans une position de pouvoir permet en général d'obtenir les points précédents plus facilement. Le raccourci est donc rapide pour le cerveau qui récompensera le fait de se sentir dans une position de chef ou dominant.
L'information
Pour survivre dans un monde hostile, il faut être alerte, le cerveau récompense donc le fait de capter des informations.
Ressource : Striatum (comment notre cerveau peut sauver la planète) de Sébastien Bohler
Ne passons pas par quatre chemin, le cerveau n'aime pas le changement. Il aime ce qui est familier, il aime les habitudes, il aime préserver ce qu'il a. Ceci le rassure et lui apporte la sensation d'être en sécurité. Cette programmation date des origines de l'homme et fut essentiel dans sa survie durant bien longtemps, mais le monde a évolué plus vite que l'humanité et aujourd'hui, il faut combattre la résistance au changement, c'est à dire notre nature profonde...
Sous notre crâne se trouvent trois cerveaux, le cerveau reptilien (instinct), le cerveau limbique (émotion) et le néocortex (réflexion). C'est une image pour mieux comprendre, des études récentes montrent qu'en fait c'est un peu plus complexe, mais cela permet de comprendre schématiquement comment ça marche.
Le cerveau limbique va jouer sur nos émotions pour contrôler, de façon primaire, notre besoin de survie (voir le striatum pour plus de détails). C'est lui qui va tenter de nous garder autant que possible en sécurité.
Le néocortex, quand à lui, nous permet de réfléchir, d'analyser et de planifier des choses et donc de lutter contre la résistance au changement.
Afin de ne pas vous enterrer dans vos habitudes et de rater toutes les opportunités de la vie, il faut apprendre à tromper cette résistance.
Tout d'abord, vous devez apprivoiser le changement. Cela se fait simplement en vous récompensant des changements effectués, même infimes. Vous devez donc identifier ce que vous avez réussi à faire et constater les bénéfices obtenus, à force, votre cerveau identifiera le changement comme quelque chose de positif et ne vous freinera plus.
Trouvez-vous des moteur de motivation. Si vous voulez changer quelque chose, identifiez bien pourquoi vous voulez le faire. Il est plus facile d'avancer si vous savez où vous voulez aller, plutôt que pour le changement... Changer d'emploi pour changer ou fuir une situation est plus difficile que changer pour devenir pâtissier par exemple parce que c'est ce que vous aimez.
Contrez vos émotions par vos réflexions. Lorsque que votre cerveau vous enverra des raisons de ne pas changer et d'avoir peur, faites le point, pesez le pour et le contre, analysez la décision de changement avec des informations objectives.
Le cerveau s'habitue aux émotions.
Et oui, pas de chance. Lorsque vous découvrez un truc incroyable, la magie finit par s'éteindre et l'exceptionnel devient normal, c'est ce qu'on appelle l'habituation hédonique. Notre cerveau a besoin de voir plus loin, de capter plus d'informations pour survivre en des temps plus primaires, il a donc mis en place cette habituation pour nous inciter à aller chercher ailleurs le bonheur que nous avions pourtant atteint. Et cette course en avant s'est accéléré avec la technologie et notre mode de vie moderne. Au point qu'on a constamment l'impression de manquer de temps et que le bonheur n'est qu'éphémère...
Heureusement, s'il n'est pas possible de lutter contre cette habituation hédonique, il est possible de ne pas se laisser emporter dans une course effrénée et de valoriser ce que l'on a.
Vous pouvez tout d'abord ressentir de la gratitude. Prenez le temps d'apprécier ce que vous avez. On entend souvent le principe d'identifier chaque jour de une à trois choses qui ont été positives dans votre journée. En fait, il s'agit de ne pas oublier que vous avez des éléments positifs actuellement.
Vous pouvez également varier les plaisirs. Il ne s'agit pas de tout révolutionner, mais choisir un itinéraire différent, découvrir un nouveau restaurant, vous promener au hasard. Ces petites variations apporteront un peu de nouveauté et redonneront de l'intérêt à vos habitudes lorsque vous les retrouverez.
Vivre pleinement l'instant présent, s'il fait très méditation, permet aussi d'apprécier ce que vous êtes en train de faire à 100% et d'accepter que cela se finisse. De la même façon, n'anticipez pas trop ce que vous allez faire, vous ratez peut-être le présent...
Des études montrent que le cerveau interprète ce que fais le corps, que ce soit vrai ou faux. En conséquence de quoi, imiter une situation a les mêmes effets dans le cerveau que si vous le viviez vraiment. Visualiser quelque chose vous permet donc de vous entraîner, de réviser, de vous éduquer.
On peut même modifier son humeur en trompant son esprit. C'est d'ailleurs un comportement naturel chez l'homme: "Ne reste pas enfermé.e chez, toi viens on va faire la fête..." Le but de ce comportement est de forcer le corps à avoir un comportement de bonheur qui va envoyer des signaux de bien-être au cerveau et réduire cette tristesse, alors que se conforter dans un comportement triste va ancrer plus profondément ce ressenti.
En bref, votre esprit influe sur votre corps, mais l'inverse fonctionne aussi.